Directives concernant l’aptitude à conduire

La participation active au trafic routier motorisé ne peut se faire que si certaines conditions physiques et psychiques minimales sont remplies. En présence de diabète sucré, des problèmes temporaires ou durables (p. ex. l’hypoglycémie, une nette augmentation de la glycémie ou une diminution de l’activité visuelle comme conséquence tardive) peuvent avoir des répercussions sur la capacité respectivement l’aptitude à conduire un véhicule à moteur en toute sécurité. C’est pourquoi la Suisse dispose, comme d’autres pays européens, de règles juridiques spécifiques concernant le diabète et la conduite :

  • Ordonnance réglant l’admission des personnes et des véhicules à la circulation routière du 27 octobre 1976 (Etat le 1er juin 2015)  
  • Directives concernant l’aptitude à conduire lors de diabète sucré Janvier 2011 (adaptations février 2012) PDF (200kb)

Diabète et permis de conduire: quoi de neuf
(Conférence des Dr C. Pasche lors de l’AG du 5 avril 2014 PDF (1.8Mo)

Un chauffeur diabétique retrouve son permis – Journal 24 heures du 22 juin 2015

Dans la pratique : Il existe quatre niveaux de risque. Un niveau de risque spécifique est attribué à chaque conducteur atteint de diabète selon le type de traitement qu’il reçoit et le risque d’hypoglycémie associé à cette thérapie.

Cette distinction s’avère pertinente car elle constitue une référence pour les offices cantonaux de la circulation routière qui posent, à l’encontre des conducteurs de véhicules, diverses exigences devant être satisfaites pour obtenir le permis de conduire.

ATTENTION. LES DIRECTIVES SUIVANTES S’APPLIQUENT EXCLUSIVEMENT AUX CONDUCTEURS PRIVES DE VÉHICULES (CAT. A, A1, B, B1, F, G, M) ET NON AU TRANSPORT PROFESSIONNEL DE MARCHANDISES ET DE PERSONNES.

Groupe 1 : aucun risque. Il n’est pas nécessaire d’observer des mesures particulières dans le trafic routier en l’absence de traitement par insuline, sulfonylurées ou glinides.

Groupe 2 : risque faible. Toute personne suivant un traitement par insuline analogue lente seule 1x par jour (p. ex. Lantus®, Levemir®, Tresiba®, Toujeo®) ou par gliclazide (p. ex. Diamicron®) ou par glinides (p. ex. NovoNorm® ou Starlix®) présente un risque hypoglycémique faible et doit juste avoir des glucides à disposition dans son véhicule en prévention des hypoglycémies ainsi qu’un appareil de mesure de la glycémie qu’elle saura utiliser efficacement si nécessaire.

Groupe 3 : risque modéré d’hypoglycémie. Pour obtenir une autorisation de conduire, le diabétique type 1 devra justifier qu’il y a profil glycémique équilibré depuis plus de deux an et qu’il ne souffre pas en l’occurrence d’hypoglycémies fréquentes et sévères ainsi que de trouble de la perception de ses hypoglycémies. En outre, il devra être capable à tout instant d’éviter efficacement les hypoglycémies lors de la conduite d’un véhicule, notamment en respectant les règles de comportement suivantes : CONTRÔLEZ-VOUS TOUJOURS AVANT DE PRENDRE LE VOLANT !

Bien qu’une glycémie de 4 à 6 mmol/l passe généralement pour être excellente, au volant d’un véhicule la prudence est de mise. Moralité : avant chaque départ contrôler votre glycémie !

Inscrivez votre glycémie dans votre carnet ou utilisez un appareil de mesure à mémoire. Cela peut vous disculper en cas d’accident.

NE PRENEZ JAMAIS LE VOLANT AVEC UNE GLYCEMIE SOUS 5 MMOL/L !

Si votre glycémie est inférieure à 5 mmol/l (90mg/dl), prenez 15-20 g de glucides et contrôlez à nouveau la glycémie après 20 minutes. Si votre glycémie se situe entre 5 et 7 mmol/l (90-120 mg/dl), prenez environ 10 g de glucides.

MANGER A INTERVALLES RÉGULIERS !

Faites une pause toutes les 1 à 1,5h et contrôlez votre glycémie à chaque fois.

Si votre glycémie est de 5 à 6 mmol/l (90-110 mg/dl), prenez 10 g de glucides.

ARRÊTEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT SI VOUS RESSENTEZ LES PREMIERS SYMPTÔMES HYPOGLYCÉMIE !

N’hésitez pas à vous ranger sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur un stationnement interdit et ingérez aussitôt 20 g de glucides. Enclenchez les feux de détresse et arrêtez le moteur ! Mais attention: au volant, vous ne pouvez pas vous fier à votre perception habituelle de l’hypoglycémie ! La conduite exigeant une plus grande concentration de votre part, l’hypoglycémie est généralement moins bien perçue.

APRES UNE HYPOGLYCÉMIE, ATTENDEZ AU MOINS 30 MINUTES !

A cause du risque de rechute, poursuivez votre voyage seulement lorsque vous ne ressentez plus aucun symptômes et que votre glycémie est de nouveau supérieure à 6 mmol/l (90mg/dl). Cédez, si possible, le volant à votre passager.

ATTENTION A L’ALCOOL AU VOLANT !

L’alcool pouvant également être à l’origine d’une hypoglycémie et diminuer la perception de celle-ci, il va sans dire qu’au volant le taux d’alcoolémie doit être égal à 0,0 pour mille.

Groupe 4 : risque élevé. Le risque modéré d’hypoglycémie est encore plus élevé en présence de circonstances aggravantes comme la survenue d’hypoglycémies sévères ou l’existence d’un défaut de perception des hypoglycémies. Cette situation fait alors l’objet d’une évaluation spécifique par un(e) spécialiste en endocrinologie/diabétologie.

Selon les résultats, l’office cantonal de la circulation routière peut décider d’assortir la délivrance d’une autorisation de conduire de conditions supplémentaires particulières.

Que devez-vous emporter dans votre voiture ?

Les conducteurs présentant un risque hypoglycémique faible doivent déjà avoir à disposition dans leur véhicule un appareil de mesure de la glycémie ainsi que les dits moyens de prévention de l’hypoglycémie.

Source : «Diabète & Conduite,  conservez votre mobilité», octobre 2015, SDG ASD